Le processus de l’accouchement est une expérience unique et variable pour chaque femme. Alors que certaines peuvent donner naissance en quelques heures, d’autres peuvent vivre des travails beaucoup plus longs, parfois exténuants. Les professionnels de la santé définissent généralement le travail actif comme la période où les contractions sont régulières et le col de l’utérus est dilaté à quatre centimètres ou plus.
Les accouchements prolongés, bien que moins fréquents, soulèvent des questions sur leur durée maximale. Des facteurs comme la position du bébé, la taille du bassin et la force des contractions peuvent influencer ce temps. En de rares occasions, le travail peut s’étendre sur plusieurs jours, nécessitant une surveillance médicale attentive et des interventions pour assurer la sécurité de la mère et de l’enfant.
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Plan de l'article
Les différentes phases de l’accouchement
L’accouchement se décompose en plusieurs phases distinctes, chacune caractérisée par des événements spécifiques. Voici un aperçu des étapes majeures de ce processus.
Pré-travail
La phase de pré-travail marque le début de l’accouchement. Le col de l’utérus commence à se dilater sous l’effet des contractions sporadiques. Cette phase peut durer plusieurs heures, voire plusieurs jours, sans que les contractions soient régulières ou particulièrement douloureuses.
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Travail
Le travail actif débute lorsque les contractions deviennent régulières et rapprochées. Le col de l’utérus se dilate progressivement jusqu’à atteindre 10 centimètres, permettant ainsi le passage du bébé. Cette phase peut être subdivisée en trois stades :
- Phase de latence : dilatation jusqu’à 4 cm
- Phase active : dilatation de 4 à 7 cm
- Phase de transition : dilatation de 7 à 10 cm
Expulsion
Lors de la phase d’expulsion, le bébé descend dans le bassin et le périnée. Les contractions, désormais très intenses, poussent le bébé vers l’extérieur. Cette étape peut durer de quelques minutes à plusieurs heures, selon divers facteurs comme la position du bébé et la force des contractions.
Délivrance
La délivrance est la phase finale de l’accouchement. Après la naissance du bébé, le placenta est expulsé sous l’effet des dernières contractions utérines. Cette phase, généralement rapide, est fondamentale pour prévenir les hémorragies postpartum.
Ces différentes phases montrent la complexité et la variabilité du processus d’accouchement, soulignant l’importance de la surveillance médicale pour assurer la sécurité de la mère et de l’enfant.
Durée moyenne d’un accouchement selon le nombre d’enfants
La durée d’un accouchement varie significativement selon qu’il s’agit d’un premier enfant ou d’une naissance ultérieure.
Solenn Vinot, sage-femme libérale à Nancy, précise : « La durée de l’accouchement est très variable, des premières contractions jusqu’à l’arrivée du bébé. » Pour une femme qui accouche pour la première fois, appelée primipare, l’accouchement peut durer de quelques heures à plus de 24 heures.
Samantha Quirin, gynécologue-obstétricien à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, corrobore : « Le premier accouchement est souvent le plus long. » La dilation du col de l’utérus et la descente du bébé prennent généralement plus de temps lors de la première naissance.
En revanche, pour les multipares (femmes ayant déjà accouché), le processus est généralement plus rapide. Comme l’explique Solenn Vinot : « Pour le deuxième et le troisième enfant, l’accouchement est généralement plus rapide. » Les tissus du col de l’utérus sont déjà assouplis par les accouchements précédents, facilitant ainsi la dilatation et l’expulsion.
Samantha Quirin ajoute : « Pour un second accouchement, j’ai eu des patientes qui donnaient naissance à la maison sans le vouloir car elles toléraient très bien les contractions. » Cette tolérance accrue aux contractions et la rapidité de la descente du bébé sont des facteurs qui contribuent à réduire la durée de l’accouchement pour les multipares.
Ces observations soulignent l’importance d’une surveillance attentive et personnalisée pour chaque femme, quel que soit le nombre d’enfants déjà nés.
Facteurs influençant la durée de l’accouchement
Plusieurs facteurs peuvent influer sur la durée de l’accouchement, rendant ce processus hautement variable d’une femme à l’autre et même d’une naissance à l’autre pour une même femme.
La péridurale
Amandine Gouez, sage-femme échographiste à Saint-Denis, explique : « On pose généralement la péridurale à partir de 3 centimètres d’ouverture du col de l’utérus. » La péridurale, technique d’anesthésie destinée à atténuer les douleurs liées aux contractions, peut influencer le déroulement de l’accouchement. Solenn Vinot précise : « La durée d’un accouchement après la pose de la péridurale dépend du moment où elle a été administrée à la femme enceinte. »
Déclenchement et césarienne
Pour un accouchement déclenché, la durée peut s’allonger considérablement. Solenn Vinot indique : « Pour un accouchement déclenché, la durée peut être beaucoup plus longue : de l’entrée à la maternité pour le déclenchement jusqu’à la naissance, il peut se passer 48 heures ou 3 jours. » En revanche, un accouchement par césarienne est généralement plus rapide. Solenn Vinot ajoute : « En moyenne, un accouchement par césarienne prend 20 minutes. »
Grossesse prolongée
Philippe Deruelle, professeur de gynécologie obstétrique et secrétaire du CNGOF, explique : « En France, on considère que la grossesse dure 41 semaines. Au-delà de cette durée, on parle de grossesse prolongée. » Le placenta, « programmé » pour durer environ 9 mois, commence à montrer des signes de défaillance après cette période. L’accouchement est ainsi souvent déclenché à 41 semaines d’aménorrhée + 6 jours pour éviter des complications.
Ces différents facteurs montrent que la durée d’un accouchement ne peut jamais être prédite avec précision, chaque naissance étant unique et influencée par une multitude de variables médicales et physiologiques.
Records et anecdotes sur la durée des accouchements
Certaines histoires d’accouchement se démarquent par leur caractère exceptionnel. L’une des plus marquantes est celle de Jacqueline ‘Jackie’ Haddock, détentrice du record de la plus longue grossesse du monde. Cette Britannique a donné naissance à sa fille Sarah Jane après une gestation de 398 jours, soit plus de 13 mois, alors que la durée normale d’une grossesse est de 9 mois.
Pour le père de Sarah Jane, Brian Haddock, cette attente interminable a été marquée par des moments de doute et d’inquiétude. « Nous étions inquiets à chaque visite chez le médecin, mais finalement, tout s’est bien passé », confie-t-il. La grossesse prolongée de Jacqueline a suscité l’intérêt des médecins et des chercheurs, qui ont tenté de comprendre les raisons de cette anomalie.
Les accouchements particulièrement longs ne sont pas uniquement liés à la grossesse prolongée. Certains cas d’accouchements eux-mêmes se prolongent bien au-delà de la moyenne. Pour illustrer ce phénomène, voici quelques exemples :
- Un accouchement aux États-Unis a duré 75 heures, une épreuve de patience et de persévérance pour la mère et le personnel médical.
- En 2012, une femme en Chine a accouché après 40 heures de travail, un événement qui a mobilisé une équipe médicale pendant près de deux jours.
Ces situations, bien que rares, montrent l’extraordinaire diversité des expériences d’accouchement et la capacité d’adaptation des femmes et des équipes médicales face aux défis imprévus.